Cognitive Neuroimaging Research Unit - INSERM 562 - Unicog
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Les images subliminales

Les images subliminales – Page spéciale pour étudiants et TPE

 

Notre laboratoire est fréquemment sollicité par des étudiants qui souhaitent en savoir plus sur les images subliminales. Nous ne pouvons malheureusement pas répondre à toutes vos questions, mais voici les réponses que nous avons essayé de donner par le passé. Si vous voulez en savoir plus, il va falloir prendre votre courage à deux mains, et tenter de lire nos articles en anglais ! (ce n’est pas si difficile). Voici deux articles parmi les moins difficiles à lire :

Stanislas Dehaene. The neural bases of subliminal priming. In Functional Neuroimaging of visual cognition (Attention and performance Series, 20). Nancy Kanwisher & John Duncan, 2003. [PDF ]

Stanislas Dehaene and Jean-Pierre Changeux. Neural mechanisms for access to consciousness. In The Cognitive Neurosciences, Michael Gazzaniga, 3rd edition, 2004. [PDF ]

Voyez également la page “consciousness” sur le site principal www.unicog.org pour une bibliographie plus complète.

Et maintenant… la foire aux questions!

Pouvez-vous donner une définition précise et scientifique d'une image subliminale?

 

"Subliminale" signifie étymologiquement "en dessous du seuil". Une image subliminale est donc une image qui est présentée sur la rétine, mais dans des conditions telles qu'elle ne franchit pas le seuil de conscience. Ces conditions impliquent en général (mais pas toujours) qu'elle soit présentée brièvement et "masquée" par d'autres images qui la précèdent, la suivent ou l'entourent. Il existe, dans de telles conditions, une durée minimale de présentation ou "seuil" au-delà duquel l'image va systématiquement devenir visible.

 

L'existence même d'un seuil est une observation intéressante, qui suggère que la conscience est associée à ce que l'on appelle dans le jargon de la physique un "système dynamique non-linéaire" (non-linéaire parce qu'un accroissement constant de durée n'a pas le même effet selon qu'on est loin ou proche du seuil). L'imagerie cérébrale nous permet de commencer à examiner d'où provient cette non-linéarité.

Quel est le temps minimal pour qu'une image subliminale soit perçue par l'oeil et interprétée par le cerveau?

 

Je suppose que vous voulez parler de la durée de présentation de l'image. En réalité, celle-ci n'a pas beaucoup d'importance. Même une image de quelques microsecondes, produite par un flash photographique de grande intensité instantanée que l'on décharge dans le noir par exemple, peut suffire à créer une perception visuelle consciente.

 

Ce n'est donc pas la durée en soi qui fait qu'une image est subliminale, mais la présence d'autres éléments masquants ou distracteurs. Lorsque l'image est insérée dans un flux d'autres images (par exemple un film), elle reste "subliminale" tant que sa durée ne dépasse pas un seuil fluctuant de l'ordre de 50 à 100 ms selon les conditions.

Comment se fait-il qu'une image puisse être interprétée mais que la conscience ne soit pas alertée de son existence?

 

Bonne question! Nous aimerions bien avoir la réponse, et c'est un grand sujet de recherches. Il semble que la conscience survienne lorsqu'un grand réseau d'aires cérébrales est activé simultanément, et que l'information circule et "réverbère" dans ce réseau. Métaphoriquement, on dit que la représentation consciente est constituée d'une "assemblée" ou "coalition" de neurones actifs qui se soutiennent mutuellement. Ce système a une "capacité limitée": parmi les différentes images ou pensées qui nous occupent à un instant donné, seule une va gagner la compétition sur les autres et envahir l'espace mental conscient. Les autres représentations cérébrales -- celles qui perdent la compétition ou celles qui, de toutes façons, n'ont pas assez d'activation pour exciter l'ensemble du réseau -- peuvent circuler dans quelques régions cérébrales spécialisées, et donc être interprétées, mais sans que cette activité ne conduise à une perception consciente.

A quel point les images subliminales sont-elles traitées par le cerveau ?

 

Une grande part de notre travail expérimental a consisté à montrer que notre cerveau extrait beaucoup d'information des images subliminales: non seulement des informations sur leur forme, mais aussi leur identité et même certains aspects de leur sens. Dans l’exemple ci-dessus, on voit que même un mot masqué (à droite) peut activer quelques régions corticales impliquées dans la lecture. Evidemment, l’activité évoquée par un mot visible est bien plus forte et plus étendue (à gauche).

On pense aujourd’hui que même si l’activation subliminale peut traverser de nombreuses régions, elle reste brève et se dissipe rapidement car elle n’atteint pas l'activité minimale nécessaire pour former une coalition neuronale dominante.

 

Les images subliminales peuvent-elles également affecter notre comportement ?

 

Oui. Il arrive que les mouvements du corps soient guidés par des stimuli inconscients -- ce qui implique que l'information subliminale traverse tout un circuit reliant les aires sensorielles aux régions motrices: imitation inconsciente, guidage de la main ou des yeux....

Les illusions d'optique et les images subliminales sont-elles les seules "failles" de notre cerveau?

 

Ce ne sont pas des "failles" mais des propriétés inévitables de l'organisation de notre cerveau et de nos algorithmes mentaux. Aucun organisme ne peut avoir de ressources infinies. Il lui faut donc faire des choix dans les informations à traiter. Les images subliminales sont des stimuli qui ont perdu la compétition au cours de ce processus de choix

 

 

 



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